Technique du Kintsugi
Pour attaquer la réparation, chaque Kintsugi commence de la même façon.
Il faut regrouper les morceaux et se séparer des trop petits éléments dont on ne peut rien faire. Reprendre chacun des éléments pour retrouver leurs emplacements et décider de la stratégie de montage.
Certains pratiquent le « Kinstugi moderne » (avec une colle cyanoacrylate), mais ce n’est pas mon cas. La technique traditionnelle est, selon moi la seule permettant une réelle valeur ajouté mais aussi une utilisation alimentaire.
Tous les morceaux sont assemblé, « collés » à l’aide de Mugiurushi (Mugi = Blé, Urushi = Laque).
Ce Mugiurushi est un mélange de farine, d’eau et de laque brute cette sève proveint du LAQUIER. Une fois l’objet remis en forme, mais la première difficulté consiste à stabiliser les éléments car le séchage est long.
Cette étape, le séchage s’effectue dans une boite spécifique nommée le Muro durant quelques jours.
L’Urushi a la spécificité de durcir lentement mais surtout dans un environnement chaud bien que sans excès non plus et une humidité importante. Plus on avancera dans le temps, plus l’Urushi deviendra dur. Une fois séché, il faut couper, retirer l’excédent de cette pate dure et bien nettoyer l’Urushi avec une poudre de charbon spécifique.
l’étape suivante est le comblement des trous, des brèches, des écailles, voire même des morceaux complets de céramique manquants.
Ce comblement s’effectue avec du Sabi, qui est obtenu en mélangeant de l’eau avec de la poudre de terre et de l’Urushi.
Une autre étape délicate est le ponçage, c’est l’étape clef du Kintsugi. Le but est d’arriver à poncer le Sabi pour qu’il devienne lisse mais sans rayer le glaçure de la céramique. C’est à ce moment que les fragments passent d’une géométrie ayant des angles vifs et dangereux à une courbe délicate et douce. On applique ensuite le Kuro roiro, une laque noire qui servira de sous couche permettant aussi de mieux voir les défauts. On pourra revenir plusieurs fois aux étapes précédentes pour obtenir une couche lisse et douce.
La dernière étape Keshifun est l’application des Marufun métaux précieux ou non.
le Kintsugi est normalement réalisé avec de l’or comme pour le soliflore ci-contre.
Le Gintsugi
Il est possible d’utiliser un mélange de laiton ou bien de l’étain, de l’aluminium ou de l’argent.
Dans ce dernier cas on ne parle pas de Kintsugi mais de Gintsugi.
Le Urushitsugi
Il n’est pas obligatoire d’ajouter une poudre métallique, il convient alors de s’arrêter aux étapes de la laque rouge ou noire, on parle alors d’Urushi Tsugi.
Les différents types de Kintsugi
Pour la technique, si tous les fragments sont encore disponibles on parle du Tomotsugi ; si l’un des fragments est remplacé par de l’or cela devient Makienaoshi.
Il est possible de remplacer le fragment manquant par un autre morceau de céramique provenant d’un autre objet nous parlons alors de Yobitsugi.